Publié le 30 Septembre 2008

Plus ça va, moins j'aime les lignes droites...

L'image vous est obligeamment fournier par Tonton ChopperDave. Merci Tonton.

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Rédigé par VonSontag

Publié dans #Chicks - babes & ladies

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Publié le 30 Septembre 2008

Depuis quelques mois, j'habite dans la Websphère. Une région particulière peuplé de furieux de la rouille, de l'huile, du générateur TIG, du pas anglais et des mesures en pouce. Leur capitale se situe au milieu de nulle part et réunit des immigrants de tous horizons : californiens, new-yorkais, misddlewestiens, anglais de Londres, écossais, hollandais, suédois, quelques français même. Ils ont un journal, le bien nommé Jockey Journal, dans lequel ils présentent leurs accomplissements, qu'il s'agisse du nettoyage d'un carbu ou de la Kustomisation complète d'une épave de Harley. Ces mecs sont tous portés par un même rêve de liberté et de perfection qui leur fait accomplir des prouesses. Comparés à leur homologues français, ils atteignent un niveau de qualité - en toute absence de compromission : si pour faire beau il faut se passer d'amortisseurs, alors on aura mal au cul et tent pis pour les vertèbres - absolument hallucinant.


Les images, la vidéo et le thread auxquels elles renvoient sont l'illustration parfaite de mon propos : comment les mains d'un homme restaurant un moteur de Triumph TR6 peuvent-elles illustrer une vision du monde ? La réponse dans ces images et sur ce lien.
























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Rédigé par VonSontag

Publié dans #Bielles chaudes

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Publié le 29 Septembre 2008

Rédigé par VonSontag

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Publié le 26 Septembre 2008

Oui, je sais, c'était facile. N'empêche qu'a Meriden, chez les brittons, on avait le goût de la belle ingéniérie, à défaut d'avoir celui de la fiabilité. En témoigne ce film posté aujourd'hui sur le JJ qui relate la fabrication d'une Triumph 650 (je ne suis pas capable de vous préciser le modèle exact). De quoi satisfaire les fanas d'anglaises, les amoureux de la vieille machine-outil et ceux de la belle mécanique en général...







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Rédigé par VonSontag

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Publié le 25 Septembre 2008

Je crois que je n'ai jamais publié de photo de cul sur ce blog. Alors quitte à s'y mettre, autant le faire correctement :



Kimberly Jane est une copine de Chopper Dave. En zoomant, vous reconnaîtrez la vraie nana de biker, : elle a des bleus et des boutons sur les fesses (jolies, les fesses, en passant).

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Rédigé par VonSontag

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Publié le 23 Septembre 2008







Ca va être  clair, net et bref : j'en veux une...

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Rédigé par VonSontag

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Publié le 19 Septembre 2008

En sept romans et un recueil de nouvelles, Thomas Pynchon, écrivain américain né en 1937, est devenu une figure légendaire de la littérature contemporaine, brassant les maux du siècle dans un ouragan narratif dont peu de lecteurs sortent indemnes.

On n'y comprend rien, ou si peu. La vie et la littérature de Thomas Pynchon ont ceci de commun qu'on peine à en saisir grand-chose d'emblée. La vie tout d'abord parce que Thomas Pynchon n'existe médiatiquement pas. Il écrit, ses livres paraissent, les lecteurs le lisent. Pas d'explications de texte, pas de conférences, pas d'interviews, pas d'Ophrah Winfrey qui lui tapote le genou : rien que des mots, du papier et débrouillez-vous avec ça.

L'œuvre maintenant. Pynchon est entré en littérature à 26 ans en publiant un premier roman sidérant : V. mêle deux histoires, celle d'un jeune homme américain des années 60, Benny Profane, égaré dans un New York beatnik et la recherche de V. par Herbert Stencil. V. est une femme qui semble d'incarner à différents endroits de la terre et de l'Histoire. En elle se cristalliserait le monde. Sorte d'Aleph, un prisme au travers duquel pourrait apparaître l'ossature logique d'un temps chaotique, la « figure in the carpet » du XXe siècle. Les acteurs de ce roman sont des paratonnerres traversés par toutes les ondes du siècle. La première et la seconde guerre mondiale, le nouvel ordre mondial américain, l'émergence des indépendances arabes, l'hédonisme chic des nantis occidentaux, la déréalisation des corps. Conscients qu'ils sont de leur position, ils sont aussi les perdants de l'Histoire et c'est avec V. que commence le long récit d'une quête du bonheur confondue avec le bien-être matériel.

Cette lecture paranoïaque du monde et la description de l'impensé politique à l'œuvre dans l'émergence des grandes démocraties modernes sont également au cœur de l'Arc en ciel de la gravité, paru en 1973. Ce livre fait suite au fascinant Vente à la criée du Lot 49, bref roman, d'abord apparemment plus facile que V. qui décrit une société secrète dont  le but est de faire perdurer un système de communication souterrain calqué sur les relais des postes allemandes.

L'arc-en-ciel de la gravité est un coup de tonnerre dans le ciel chargé de la littérature américaine des années 70. Roman fleuve, roman expérimental, roman fou et d'une lucidité éblouissante, il renouvelle les thèmes pynchoniens en convoquant une multitude de références. Paranormal, physique, comportementalisme absurde, anthropologie délirante (les Herreros d'Afrique du Sud comme accomplissement de la race pure), l'inventaire de mise à sac du réel par les hommes est ici poussé jusqu'aux limites de l'absurde. A la volonté normative des nazis et autres gouvernants à visées globale, Pynchon oppose l'absurdité du monde, son absolue absence de logique vécue comme un acquis par ses loosers de héros. Curieux roman qui, sur un fond d'un déprimant pessimisme se révèle ouvert à tous les possibles et prouve par l'absurde que toute chose se réinvente, y compris la littérature. Grande aventure d'écrivain, L'Arc-en-ciel de la gravité est aussi une grande aventure de lecteur. A l'instar des livres-monde de Joyce, il faut accepter, en entrant dans le roman, d'abandonner ici toute espérance d'y saisir quoi que ce soit de solide. Les thèmes, références et saillies se percutent, passant d'une évidente ironie à l'absurde le plus déprimant. A peine croit-on tenir un fil que celui-ci se brise, ou pire encore s'évanouit. Roman labyrinthe, L'Arc en ciel égare son lecteur dans d'infinies galeries de miroirs et l'abandonne là, sans plus de repères.

Ces trois romans, publiés en l'espace de six années vont laisser place à un long silence qui va durer douze ans, jusqu'à la publication de L'homme qui apprenait lentement, un recueil de nouvelles qui décevra les fans de l'hermétique américain. L'homme qui apprenait lentement regroupe des nouvelles que Pynchon aurait écrites entre 1959 et 1964. Chacune de ces nouvelles semble être l'embryon d'un roman à venir. A tel point que l'on peut se demander si, à l'instar de Vladimir Nabokov dans Autres rivages qui dans une fausse tentative autobiographique insère un ensemble d'éléments que l'on retrouve dans toute son œuvre (la fascination pour les jeux de lumières d'Ada, les bijoux, l'amour éprouvé pour une très jeune fille...), il ne s'agirait pas d'une farce de l'auteur tant tout cela semble prémonitoire. L'ensemble est préfacé par Pynchon lui-même dans un bref texte qui reste à ce jour le seul fragment autobiographique dont on dispose de sa main.

En 1990, paraît Vineland, peut-être le roman le plus abordable de Pynchon. On y retrouve cette propension à la farce (le héros et narrateur se jette périodiquement par la fenêtre afin de bénéficier d'une pension d'invalidité) ainsi que cette dilection pour les mavericks de la société américaine. Ici, un couple de marginaux, dont notre suicidaire pensionné, est victime du harcèlement d'un procureur Nixonien et has been, nostalgique de J. Edgar Hoover et de ses méthodes. On y retrouve donc les traditionnelles obsessions de l'auteur, dans un roman peut être plus léger et optimiste mais qui contient de fait son lot de paranoïas (The Tube, la figure manipulatrice et sexuellement dévorant du procureur) et de pessimismes : ceux qui savent la vérité finissent toujours par perdre.

Mason & Dixon, qui paraît en 1996 est un étrange livre. Pastiche d'un récit de voyage du XVIIIe siècle, le roman est le récit par un pasteur du voyage qu'accomplirent deux géographes anglais à travers l'est des futurs Etats-Unis, déterminant la fameuse Mason-and-Dixon Line, qui séparera 100 ans plus tard rebelles et confédérés. Ce roman, par son goût pour la digression et les personnages peu ordinaires, n'est pas sans évoquer une version contemporaine de Lawrence Sterne. Encore une histoire de trame perdue et de ligne introuvable.

Et voila que paraît aujourd'hui la traduction française de Against the day, A contre-jour, où l'on retrouve un pastiche de roman d'aventure à la mode de Jules Verne. L'ouvrage, avant sa parution américaine, avait été annoncé par Thomas Pynchon lui-même comme un invraisemblable bric-à-brac mêlant références aux sciences de la fin du XIX, complots anarchistes, machinations ploutocrates, chien lecteur de roman classiques, aventuriers des airs, inventions invraisemblables et vengeance transgénérationnelle.

A contre-jour est tout cela et bien plus encore. Ce roman renoue avec ce curieux optimisme désespéré de Pynchon qui voit l'échec des utopies seulement consolé par une faible lueur d'espoir. Le Désagrément, ballon dirigeable piloté par un jeune équipage surnommé Les casse-cou, se rend à Chicago pour l'exposition universelle de 1893. Là, nos jeunes héros, vont découvrir le monde terrestre duquel leurs nombreuses aventures les ont tenus éloignés. Inventions miraculeuses, turpitudes capitalistes, complots, meurtres, espions salariés, détectives « pinkertoniens », nouvelle passion pour la vitesse, jolies femmes du bout du monde, tentations, argent vont provoquer un brutal retour sur Terre pour ces idéalistes aériens. Comme vous le devinez, il s'agit là du récit de la fin d'un monde. Celui des sciences positives, de l'étonnement, des explorateurs, des mondes inconnus, des héros. Cet instant de basculement - qui équivaut, pour nous européens, au début de la Première guerre mondiale - est au croisement de deux ères et le rêve scientifique va bientôt laisser la place au triomphe de la technologie. L'histoire court sur près d'un siècle, le temps pour la famille Traverse d'assouvir (ou pas) son désir de venger le meurtre de l'ancêtre Webb. Cet anarchiste américain est victime d'un assassinat commandité pour de sordides raisons économiques par le venimeux Scardale Vibe, richissime magnat, homme de l'ombre et des mauvais coups, prêt à tout pour préserver son empire et accaparer les richesses qu'il devine dans l'électricité naissante. La famille Webb va se retrouver projetée dans un univers parallèle, en marge de la marche du progrès et de l'économie de marché, toute à ses ruminations vengeresses. Il semble exister pour Thomas Pynchon un temps de l'innocence, un Âge d'Or où tout est possible. A ce fantasme fort courant dans la littérature américaine (on relira Thoreau, Walt Withman et plus récemment les romans ruraux de Jim Harrisson ou ceux, moins dupes, de Cormac Mac Carthy), il oppose notre monde surexposé, exténué par sa recherche du profit et absorbé par ses obsessions paranoïaques. L'ennemi est toujours le même : ce qui nous détourne de la vérité des hommes. Il semble que le héros pynchonnien soit voué à la défaite par sa conscience même de l'épaisseur du réel et de sa matière. Les réalistes, paradoxalement, se moquent de la réalité : ils devinent les forces à l'œuvre dans l'équilibre des choses du monde et s'en emparent pour leur plus grand profit. Ce sont eux les vainqueurs terrestres. Mais les saints laïcs et les fous, chéris par Pynchon, portent un autre message qui nous dit que ça vaut quand même le coup d'essayer de se fabriquer un monde vivable ; d'abord dans les livres, et peut être sur terre.

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Rédigé par VonSontag

Publié dans #Petits Lus

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Publié le 18 Septembre 2008

Si vous ne savez pas quoi m'offrir pour Noël...
(trouvé par Bullit sur MS dans un article sur la trasformation d'un magnifique 1000 fonte en un immonde trike.
Pour les pervers, plus de détails ici)

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Rédigé par VonSontag

Publié dans #Bielles chaudes

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Publié le 17 Septembre 2008

Le Monde est certainement le journal que j'aime le plus détester. Parmi les rédacteurs à qui je raserai bien la tête se trouve Sylvie Chayette, une fashion poulette dotée cette merveilleuse capacité qu'ont souvent les modeuses à n'avoir aucune distance vis à vis de son sujet. Si elle vous dit que cette année il faut avoir une meule d'Edam sur la tête, ce n'est pas une plaisanterie, elle pense vraiement que vous êtes le dernier des ploucs si vous ne vous balladez pas, au moins jusqu'au 31 décembre (après ça devient "soooo last year") avec un morceau de fromage à pate cuite sur le crâne.
Heureusement qu'il y a des hommes dans ce monde pour raison garder et poser sur ces gazelles un regard distancié et amusé : tel le phénoménal Bill Cunningham, photographe au NY Times et observateur du monde de la mode. En témoigne ce portfolio publié sur le site du NYTimes (cliquez sur l'image ci dessous). Le seul problème, c'est  que Sylvie Chayette aussi, a adoré (et avant moi, en plus), la garce.



Note. La mode des tongs me l'a révélé, je suis fétichiste des pieds. Mon truc, ce n'est pas la cambrure du pied, que je laisse à Eric Reinhardt, ou la courbure du coup de pied. Mon truc, c'est les orteils. Les trois du milieu. Le petit, il est toujours moche et tordu, l'ongle est en général recroquevillé en position foetale (quoi, t'as jamais vu un ongle en position foetale ? Mon pauvre, faut discuter un peu avec les voisins quand tu sors les poubelles !) et il s'orne d'un cal ou d'un oignon. Bref il est moche. Le gros, je vous en parle même pas, il est gros. Déja, la seule phonétique de "GROZORTEY" ça me donne envie de lire la revue Fiduciaire ou de préparer un soufflé, alors la vue de ce truc, j'en cause pas. Donc tout ça pour vous dire que le visionnage intensif de ces dizaines de pieds élégants et torturés me fait gravement kiffer et rigoler en même temps...

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Rédigé par VonSontag

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Publié le 16 Septembre 2008


Il y a 15000 ans, ici, il y avait de l'eau. Aujourd'hui, elle affleure encore en certains endroits. Dès que la moindre pluie se pointe (mais elle sont rares, les pluies, dans ce coin aux confins de l'Utah et du Nevada), le lieu se retrouve inondé en empêche toute activité. Quand le soleil revient, que l'eau s'évapore, il ne reste plus qu'une vaste étendue plane recouverte d'une croûte de sel séchée. C'est le lac de Bonneville, Utah, terre des records de vitesse terrestres les plus fous, théâtre de légende pour les passionnés de la ligne droite et du franchissement de barrières symboliques.




Chaque année, au mois d'août, depuis 1949, les autorités locales, après examen attentif du lieu par des spécialistes, déterminent un périmètre sur lequel seront tracés deux pistes. La première, d'une longueur de 16 km, est le lieu officiel des tentatives de records. Un immense ruban de sel qui barre le lac d'une ligne bornée par les capteurs des radars officiels et panneaux indicateurs de distances. Une large ligne peinte en indique le centre. la seconde, est un ovale de même longueur utilisé pour les entraînements.

La Bonneville Speed Week peut alors commencer. Ce qui est bien, à Bonneville, c'est qu'il y en a pour tout le monde. 62 classes sont répertoriées, du deux roues 50cm3 à la voiture fusée propulsée par un réacteur. Tout le monde a son territoire et vise un record bien précis.

Bonneville, c'est aussi la cour des miracles où se croisent d'invraisemblables engins, Formules 1 de la série 400, cigares à deux ou quatre roues, vieilles Harleys latérales, Indians, side-cars, restaurations soignées de racers d'antan, hotrods reconditionnés, Hayabusas turbocompressées surpuissantes ou Vincent d'époque préparée à l'ancienne. On trouve une série de classes vintage qui accueille les nostalgiques du streamline et des moteurs athmos à essence. On peut d'ailleurs distinguer deux états d'esprit chez les participants. Les uns sont là pour aller vite, ils ont construit leur engin dans ce seul et unique but, ont trouvé des sponsors et utilisé tous les moyens offerts par la technologie - et le règlement - dans ce but. Les autres, les plus nombreux, possèdent une moto, une auto, et ont décidé de voir ce qu'elle avait dans le ventre. C'est en général un groupe de potes, en général d'un certain âge, en général des bricoleurs fous furieux qui ont décidé de taquiner l'absolu. Parfois, les organisateurs sont obligés de créer une catégorie pour un seul engin. C'est le cas cette année pour la TWISTED, mue par un propulseur à élastique. Un asile de fous §


 
 

Que dire d'autre ? Bonneville est loin d'être un lieu idéal pour ce genre de sport. Des vents latéraux peuvent brutalement balayer la piste et rendre le pilotage impossible. La surface elle-même est loin d'être plane. Elle est ridée comme de sable d'une laisse de mer, ridée par le vent et l'eau. Les engins vibrent, souffrent, se tordent. Les pneus sont littéralement dévorés par le sel très abrasif. Les vitesses atteintes génèrent des effets mécaniques souvent surprenants comme lorsque les vibrations causée par la piste entrent en résonance avec le châssis ou le cadre de l'engin et le désintègrent littéralement. A 300 km/h, la moindre variation des conditions de roulage, un coup de vent, un coup de guidon un peu vif, une zone plus froide qu'une autre peut avoir des conséquences dramatiques. Un compétiteur a d'ailleurs trouvé la mort à moto ce quatre septembre alors qu'il tentait de battre le record absolu de vitesse pour une moto animée par un moteur deux temps. Il a simplement perdu le contrôle de son engin, à 350 km/h. Celui-ci s'est littéralement désintégré, son pilote
Cliff Gullett, 43 ans, n'a pas survécu à l'accident.

Je me suis longtemps demandé ce qui pouvait motiver tous ces gens, essentiellement des hommes, à tenter de battre ces records stupides. Je crois qu'en fait le record en lui même n'est rien. Rien d'autre qu'un prétexte. Le vrai moteur de ces mecs, c'est leur folle passion. L'amitié qui les unit, la volonté qui soude les équipes dans les moments difficiles,  le respect dont les compétiteurs font preuves entre eux et la générosité. La beauté de Bonneville est évidement graphique. Le lieu, les machines, tout semble hors du temps. En cette époque de bridage des pensées, la correction politique est hors de propos ici : ça pue, ça fait du bruit, ça fume et ça pollue. Tout ceci est certes encadré par des règlements de sécurité draconiens, mais les habitants de celle ville éphémère ont su trouver un précieux équilibre qui leur offre, une semaine durant, la liberté de mener leurs rêves à fond de train. Et puis, il y a aussi ce défi que représente le pilotage d'un engin à l'équilibre pour le moins précaire sur une surface aussi difficile que celle de Bonneville. Il ne suffit pas de ses cramponner au guidon ou au volant et d'accélérer à fond : il faut piloter. Il existe en effet des pilotes spécialisés dans ce genre d'exploit, qui savent au millimètre gérer des manoeuvres destinés à contrer certains aléas d'un run à très haute vitesse. Un vent latéral, un effet gyroscopique déstabilisant, le couple d'un vilebrequin : tout cela compte et une mauvaise gestion de ces paraètres peut faire perdre la poignée de miles par heure qui sépare la gloire des recordmen de l'anonymat des seconds.

Et j'magine à peine ce que doivent ressentir ces mecs qui, des premiers dessins esquissés entre copains sur des feuilles volantes à la construction du prototype dans le garage de l'un d'eux et aux essais sur le circuit local ont rêvé de Bonneville et s'y retrouvent enfin, écrasés par le soleil, coincés dans le minuscule cockpit de leur bolide, entamant le premier run d'une semaine qui les verra peut repartir avec une médaille, leur noms inscrit, pour une année au moins, au Panthéon des records inutiles.

































Images : Jalopy Journal, The Jockey Journal, Caradisiac, Ann Torrence, Bryan Jones

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Rédigé par VonSontag

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