The Blue Bike

Publié le 11 Avril 2013

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Sous nos lattitudes tempérées, le Graal de la célébrité motocycliste se conquerrait sur la piste. Les légendes portaient la combinaison de cuir noir, le casque bol et chevauchaient des MV Agusta, Honda, Gilera et autres Yamaha d'usine. Le circuit était l'ultime juge des qualités des équipages, homme et moto. La victoire était glorieuse, la défaite parfois belle, la légende s'écrivait à deux ou quatre temps, au rythme des Grand Prix ; le titre de champion du monde, paraphe au bas du certificat d'excellence.

 

Le peu que je connais des pilote américains et de leurs histoires me fait parfois penser à ce qu'on dû vivre les cow-boys de rodéo ou de cirques intinérants. Qu'on considère Mert Lawhill dans On any sunday qui, au volant de son camion, accompagné de son seul mécano, traverse les USA de part en part à longueur d'année en quête de victoires et des primes qui vont avec. Lawhill fut champion AMA, héros d'un film et entra au Motorcycle Hall Of Fame, mais combien d'autres connurent des carrières qui, pour brillantes qu'elles furent, ne laissèrent pourtant que de rares traces dans les mémoires.

 

Marty Dickerson est l'un de ces héros modestes. La plupart des courses qu'il emporta dans sa jeunesse furent clandestines. Celles qui lui firent atteindre une discrète renommée le virent se défier lui-même ou bien de lointains adversaires sur les lacs salés ou les pistes d'aéroports. Pilote de street drag à ses débuts, Marty fut de longue années durant un chasseur de records au guidon d'une fameuse machine, la Blue Bike.


 

 

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Sa rencontre avec la marque Vincent eut lieu en 1948, en Californie,  grâce à une discussion avec un écossais un rien vantard qui évoquait avec gourmandise les longues virgules noires que laissait sa machine, pourtant d'origine, sur le bitume des routes californiennes lors des accélérations. Marty voulait du coup de pied au derrière, il s'offrirait donc une Vincent. La légende veut qu'il acquit sa Rapide à crédit alors qu'il n'avait que 18 ans et qu'une fois son engin en main, il s'en fut aussitôt défier tout les street racers qui lui tombaient sous le pneu, alignant Harleys, Indian et Triumph préparées (parfois très lourdement) au tableau de chasse de sa routière anglaise juste sortie de caisse.

L'histoire vint aux oreilles de l'agent Vincent, Mickey Martin, qui peinait quelque peu à écouler son stock de merveilles brittones aux motards californiens (oui, il fut un temps pas si lointain où les Vincent se soldaient !). Avisé, le Mickey embaucha le Marty et l'envoya tous frais payés arpenter le sud ouest uhéssien afin d'y défier les motards locaux et d'y établir la réputation de fiabilité, de rapidité et de puissance de la marque. Marty rentra à la maison au bout d'une année de courses, de victoires - et de quelques fuites devant des perdants vexés. Là, il fut embauché à l'atelier de la concession gérée par Mickey Martin et eut pour collègue un certain Rollie Free dont les amateurs connaissent fort bien l'anatomie.

Ce retour fut également pour Marty l'occasion de s'offrir une nouvelle monture, une Black Lightning. Rollie Free et lui s'en furent ensuite défier le chronomètre sur les pistes. Rollie avec le succès qu'on lui connait sur une machine stock carburant à l'essence spéciale, Marty aux commandes de sa vielle Rapide légèrement préparée mais alimentée au super du commerce (pump gas). De record record, de tentative en tentavive, la Rapide gagna de nouveaux carters, de gros carbus, des cames plus affutées et une belle couche de peinture bleue pailletée.



 

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Le record de la classe C établi par la Blue Bike en 1953 tint 20 ans. La Blue Bike elle-meme fit le bonheur de Marty, quoiqu'avec de moins en moins de succès inscrits sur les tablettes au fil des ans, durant 45 années. Ce n'est qu'en 1996 que Marty Dickerson, devenu entre temps concessionnaire Vincent puis multimarques, se retira de la compétition et offrit à sa moto une retraite muséale méritée.

Ici, en Europe, les légendes sont fulgurantes et souvent tragiques. Là bas, il semble qu'on les préfère opiniâtres et patientes...

 

 

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La plupart des infos et des images de ce post proviennent du Vintagent (article très complet), d'Iron & Air et d'Altai.

Rédigé par VonSonntag

Publié dans #Bielles chaudes

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voun 12/04/2013 14:52


S'il y a des amateurs (fortunés ...) pour "apprendre à aimer" les Vincent : http://www.godet-motorcycles.com/

voun 12/04/2013 14:40


"oui, il fut un temps pas si lointain où les Vincent se soldaient !"


Arghhh ...

Markus 12/04/2013 11:55


Merci pour ce concentré de vitesse et de passion comme on les aime....Si un jour je dois ( peux ) aller aux Uhéssas , le pèlerinage a Salt lake sera.....mandatory , of course !