Publié le 30 Mai 2008

Le Web 2.0 a-t-il lu Guy Debord ? Ce dernier, il y a presque quarante ans de celà, mettait fin à l'aventure situationniste, laissant le fonds de commerce en gérance à ses épigones au prétexte que la dénonciation du spectacle elle même se voyait instrumentalisée par la Société du spectacle à  fins de justification. Quelle preuve plus grande de sa mansuétude et de sa tolérance pouvait donner le spectacle marchand que de tolérer en son sein une entité critique ?


Le Web 2.0 a remis l'utilisateur au coeur du système - du moins le croit-on - en lui donnant la possibilité de créer, qualifier et diffuser ses propres contenus. Américain en diable, le système s'auto-régule et seuls les plus forts survivent à l'enfer gris de l'anonymat électronique. La Websphère a donc, souvent par l'intermédiaire de Youtube, consacré ses stars anonymes, un garçon enrobé mimant un playback sur un tube roumain, des pseudos-scientifiques testant les propriété explosives du mélange Coca Light + bombons Mentos, Jeff Croker, avocat méchu de Brittney Spears, le ninja noir qui s'auto-assomme, etc. Ces contenus stars ont pour dénominateur commun une volonté affichée de drôlerie et une facilité de consommation. Ce sont tous des vidéos, d'un format relativement bref (le temps d'une chanson...), ils requièrent donc, selon le désormais célèbre mot de Patrick Le Lay "un minimum de temps de cerveau disponible".


Et que font pour s'en sortir les tenants de l'ancien système, les vrais stars avec du talent qui savent vraiment faire des trucs que les autres ne savent pas faire ? Eh bien ils récupèrent. C'est ce que vient de faire Weezer, gentillet groupe pop étatsunien qui tire son public d'ados connectés pas la manche en lui citant ses propres références : le gros qui fait du play-back, M. "leave her alone" et sa mèche, les savants Mentos, les filles qui dansent sur Daft Punk, ...


Voici donc le Web 2.1, où les vrais patrons reprennent le pouvoir et se réapprorpient en la désinfectant la puissance virale du système. J'écris ce billet le 29 mai au matin, il est 8:30, la vidéo de weezer a été mise en ligne le 23 mai, elle compte déjà plus de quatre millions de visionnages. Alexander Bard et Jan Söderqvist, dans les Netocrates, affirment à raison que les vrais maîtres du monde futur ne seront pas les producteurs ou les diffuseurs de contenus mais  ceux qui auront la maîtrise de l'accès à ces  contenus : moteurs de recherche, d'indexation, outils de tagage et de qualification, groupes d'experts/validateurs de contenus, agrégateurs thématiques, agents intelligents, moteurs sémantiques et d'autres qui restent à inventer. Ce n'est donc plus le flux mais sa domination qui devient monétisable.


En attendant, l'ancien monde se maquille comme une jeune pute, met son Wonderbra et fait danser les cons.


 

[edit du 30 mai, j'ai rajouté quelques lignes complémentaires aujourd'hui]

[re-edit du 30 mai, à 14 heures, nous en sommes à 4540000 visionnages de la vidéo]

Voir les commentaires

Rédigé par VonSontag

Publié dans #Bits and sense

Repost 0

Publié le 29 Mai 2008

J'avais l'impression d'avoir un peu fait le tour des café racers. L'âge, sûrement, qui me fait plus aisément envisager l'achat d'un kustom - avec des suspattes, siouplé - que celui d'une moto de course. Mais alors là... C'est un truc à vous faire aimer les quatre cylindres !




Trouvé là :
The Jockey Journal

Voir les commentaires

Rédigé par VonSontag

Publié dans #Bielles chaudes

Repost 0

Publié le 28 Mai 2008

Bon, et bien il va falloir s'y mettre.
J'ai refait les peintures, mis une nouvelle bannière de très bon goût (oui, je sais, mais moi, j'adore !) et j'ai acheté un nom de domaine. Donc, les quelques uns parmi vous qui étaient abonnés aux fils RSS ou ceux qui avaient bookmarké ce blog, mettez vos tablettes à jour. Maintenant, ici, c'est http://www.ledepassionne.com. Je n'ai plus qu'à me mettre au boulot pour publier plus souvent et le tour sera joué.

A propos, faites comme chez vous.

Voir les commentaires

Rédigé par VonSontag

Publié dans #Bits and sense

Repost 0

Publié le 28 Mai 2008

Le baril de Brent est à 130.14€
Aung San Suu Kyi est assignée en résidence
Nicolas Sarkozy est toujours président de la république et Brice Hortefeux toujours ministre.
Mon salaire est  tellement bas que c'est tout juste si c'est pas moi qui paye mon patron..
Ma bagnole est moche.
Je ne ressemble pas à Johnny Depp.
Le très funky Benoît XVI est toujours pape.
Le pouvoir d'achat, je peux pas.

Fait pas très beau non plus.

Et Kylie Minogue a quarante ans.



... Pourvu que ça dure.

 

Voir les commentaires

Rédigé par VonSontag

Publié dans #Whatever

Repost 0

Publié le 23 Mai 2008


Il y a des blogs que je visite tous les jours. Pas besoin de flux RSS, il est désormais dans mes habitudes aux petites heures du matin, tasse de thé en main, d'aller visiter un certain nombre de lieux amis, histoire de m'éveiller les neurones en douceur. Bien sûr, certains ont disparu de ma toplist, comme Ron l'infirmier dont l'invraisemblable melon a fini par me fatiguer. Tout commence donc par Pierre Assouline et Francis Pisani. Le bleu du ciel a aussi droit à ma visite quotidienne, un peu plus tard parce que le désespoir nonchalant de Nicolas est parfois un peu plombant. Mon côté latin sûrement, m'empêche d'avoir la même élégance dans la tristesse. Puis vient Boring, un des blogs les plus inutiles au monde - on dirait une vidéo de jeunesse de Pierrick Sorrin ; Catholicgauze et Strange maps pour la géographie (en bon paranoïaque, j'adore les schémas qui permettent de tout comprendre d'un coup) et enfin Eolas.

Eolas a depuis toujours mes faveurs et n'est pas prêt de les perdre. Sa clarté de vue, son sens de la pédagogie m'ont toujours impressionné comme la qualité de son écriture qui sait si bien mêler élégance, précision et nonchalance, dans des proportions parfaites. Un parfait gentleman en somme avec ce qu'il faut de morgue et de conscience de sa propre valeur pour tenir le quidam à distance sans toutefois l'effrayer. On reste devant ce puits de science juridique, un peu intimidé et reconnaissant. Tout au plus regretterai-je un certain manque de calme dans la contradiction qui lui fait parfois préférer le mépris à la patience dans certaines des discussions qui suivent ses posts, mais quand on a près de 100 commentaires à chaque billet, on peut le comprendre.

Tout ceci pour dire l'estime que je porte à ce Monsieur et le respect que j'ai pour sa mission blogosphérique.

Jeudi dernier, Maître Eolas a donc publié un fort judicieux commentaire sur l'arrêt rendu par la cour de cassation dans l'affaire Alapage ; arrêt qui cassait celui précédemment rendu par la cour d'appel et qui tendait à exonérer Alapage de tout tort dans une complexe accusation de contravention à la loi Lang de 1981 sur le prix du livre. Par rebond, cet arrêt remettait aussi en cause le jugement qui quelques semaines auparavant condamnait Amazon pour à peu près les mêmes motifs (en gros hein : je ne suis pas juriste et il me semble que les attendus des deux jugements ne sont pas exactement identiques. Mais le fait est que, même si les arguments de droit diffèrent, l'on a toujours affaire au SLF, syndicat majoritaire des libraires français, contre des libraires en ligne qui pratiquent les frais de ports gratuits et la réduction de 5% systématique, ce que ledit SLF considère comme de la concurrence déloyale).

L'article de Maître Eolas, que vous pouvez lire ici, a eu le mérite, outre de proposer une synthèse explicative idéale, de me faire réfléchir sur les tenants et aboutissants de ces manœuvres juridiques qui, à mon sens, dissimulent pour le moment les profonds bouleversements qui vont s'opérer dans toute la chaîne du livre, de l'écriture à la lecture en passant par l'édition, la fabrication et la distribution.

J'avoue que mon plaisir à toutefois été gâché par quelques piques à propos de l'utilité de la Loi Lang que je trouvai aussi infondées qu'inutiles. L'emploi du temps d'un avocat doit être ainsi fait qu'il ne peut parfois pas prendre le temps de se relire et de modérer son propos, je suppose. Je me suis quand même permis une réponse (en plusieurs années de lectures passionnées, j'ai dû poster trois commentaires sur ce blog) dont je vous livre ici la copie, fautes d'orthographe comprises...).

Bonjour Maître,

Une petite question me taraude depuis que j'ai lu votre compte rendu de l'affaire Amazon [lapsus, c'est Alapage].

A terme, et compte tenu des récentes dispositions sur les responsabilités du vendeur en ligne, le fait que le juge semble étendre les obligations du contrat jusqu'à la livraison de l'objet ne signifie-t-il pas que les commerçants en ligne, dont la responsabilité s'arrête aujourd'hui à la remise du colis au transporteur (ou à La Poste), devront s'engager à ce que le colis soit bien livré à la bonne personne ? Cela impliquera certainement des frais supplémentaires (garanties, assurances, services) à la charge du commerçant qui, de fait, sera obligé, passé un certain montant, de les répercuter sur les prix de vente.

Certains des commentateurs de ce billets ont mentionné des "remises éditeurs" (la marge du libraire) avoisinant les 50%. Pour avoir un temps œuvré dans l'édition, je doute que les marges des éditeurs, même s'ils possèdent leur propre structure de distribution soient à ce point extensibles que les grands libraires en ligne puissent sans dommages faire reposer toute la pression financière sur leurs fournisseurs. Il faudra donc, qu'atteint un seuil critique, le client prenne en charge une partie au moins du prix de ce service.

Exit donc les frais de port 100% gratuits.

D'autre part, j'ai trouvé votre commentaire de ce jugement d'une extrême clarté et d'une grande pertinence. Il m'a par exemple bien plus appris sur ses conséquences possibles que toutes les consultations des forums professionnels. Toutefois, mon plaisir à vous lire a un peu été gâché par vos commentaires, vains et peu informés, sur la loi Lang et son utilité.

Il existe en effet en France un tissu fort dense - bien qu'un peu plus mité chaque jour - de librairies indépendantes, grandes ou petites, qui doivent essentiellement leur survie à cette loi. En interdisant toute possibilité de dumping commercial d'une part et en protégeant la diversité éditoriale française d'autre part, cette loi à contribué à maintenir une qualité d'offre bien rare en ce monde. Elle a également participé au renouveau d'une génération de libraires au cours des années 80 qui produit aujourd'hui ce qui se peut faire de mieux en l'espèce. Je vous invite, si vous désirez approfondir la question, à contacter Henri Martin (La Machine à Lire) à Bordeaux, Christian Torrel (Ombres Blanches) à Toulouse, Josette Vial (Librairie Compagnie) à Paris ou ces libraires des Arbre(s) à Lettres, qui savent depuis longtemps gérer avec rigueur des librairies de création à la rentabilité plus qu'aléatoire. Ces librairies mêlent fort souvent des fonds spécialisés à un stock plus grand public qui leur permet de voir se mélanger clientèle de quartier et clients plus "intellos" ; elles ont également un important rôle social : organisation de rencontres littéraires, lectures et festivals, etc...

En parallèle au dispositif légal, a également été mis en place un ensemble de dispositifs : Direction du livre et de la lecture, délégations du livre dans les DRAC, création par un groupe de libraires et d'éditeurs de l'ADELC (association interprofessionnelle), création des agences régionales du livre, etc. qui, en proposant aides financières et techniques aux libraires et aux éditeurs en région, ont permis à ceux-ci de se professionnaliser, augmentant ainsi les chances de survie de leurs commerces. Ces aides ont également créé certains devoirs des libraires à l'égard de la communauté (voir le rôle social et culturel que je développais plus haut).

Voilà. J'espère que ces quelques [opinions] auront, un temps du moins, retenu votre attention et vous ferons mieux comprendre une situation qui ne peut pas être envisagée uniquement du simple point de vue du client.

PS. Je tiens la Griffe Noire pour ce qui se fait de pire dans le terrorisme livresque militant. Dommage ;-)


Pour aller un peu plus loin dans ces propos, il faudrait envisager ce problème comme un micro événement dans ce tourbillon qui est en train d'emporter le monde du livre. J'envisage donc de publier quelques billets sur ce sujet qui feront un succinct état de lieux et étudieront les quelques pistes que proposent les nouveaux modes de transmission d'informations et de dématérialisation des contenus. Les moins concerné d'entre vous y trouveront peut-être quelques éléments intéressants ; ceux que cela intéresse pourront commenter ces posts et m'aider à clarifier certains points. Quand à moi, l'exercice, je l'espère, me sera profitable et m'aidera à formaliser mes idées et à remettre cette question en perspective, il est bien temps.

Merci donc à Maître Eolas, pour son encouragement involontaire et à bientôt.

 

Illustration : La nébuleuse Amazon visualisée sur Touchgraph.com

Voir les commentaires

Rédigé par VonSontag

Publié dans #Bits and sense

Repost 0

Publié le 22 Mai 2008

Rédigé par VonSontag

Publié dans #Whatever

Repost 0

Publié le 22 Mai 2008

Dans nos frontières, les CRS n'ont pas très bonne presse quand on les associe à la moto. On pense plus souvent à des termes comme "radar", "contrôle", "barrage", "prune", "saisie", "rentrer à pied" qu'à des trajectoires au cordeau, de bonnes vibrations et du slider rapé.  Ce n'est pas le cas chez nos amis italiens puisque CR&S est là-bas l'acronyme de Cafe Racers & Superbikes, une petite officine qui s'échine à construire des rares motos, assemblées à la main avec un soin qui tient davantage de l'orfèvrerie que de la mécanique de grande série. Des motos hors du temps et des modes, avec un slogan "Faite à Milan, avec le coeur et avec la main".



Le modèle phare de CR&S est nommé VUN, ce qui en dialecte milanais singnifie "un" Un comme monocylindre, un comme monoplace,
un comme unique. Construite autour d'un moteur Rotax d'une cinquantaine de chevaux légèrement "amélioré" par les soins de CRS, la Vun pèse en tout et pour tout 140 kg. Le cadre est en treillis de tubes d'acier soudés à la main, la fourche provient de chez Ceriani, l'unique amortissur arrière de chez Ohlins et, cerise sur le gâteau, la moto se dote d'un véritable bijou : un amortisseur de direction radial provenant lui aussi de la marque suédoise.

Voila qui nous fait donc un petit gromono sympa, bien construit et très très bien équipé, outil idéal pour les balades en Dordogne ou au Pays basque, certainement moins à son aise sur les parcours de liaison (en gros sur l'autoroute, tu pleures ta mère !) et vraiment joli. Petit détail, l'ensemble des combinaisons esthèqtiques et techniques proposées au bon vouloir du client porte à 600 les nombre de configurations possible. Du modèle de base gris au modèle équipé de tous les kits racings et des options esthétiques qui vont bien (carbone partout) et à la peinture perso réalisée selon vos directives par un artisan de pointe, tout est possible. Sky is the limit... Enfin pas seulement le ciel parce qu'évidement tout cela a un prix : 14220 € TTC pour la version de base... Eh oui, le luxe, c'est du luxe !

Evidement, la VUN n'est pas à la portée de toutes les bourses d'autant que l'absence du chapitre "aspects pratiques" au cahier des charges n'en fait pas l'engin idéal pour aller au turbin tous les matins. D'un autre côté, quand on voit la quantité de pignoufs prêts à raquer 45 000 euros pour un gros 4x4 puant, on se dit qu'il y a de pire façons d'employer son argent.

Ce créneau du luxe en moto a pour moi cette vertu qu'il permet la conservation d'un esprit d'artisanat et de passion qui, dans notre ère de production de masse, aurait sans doute disparu depuis longtemps sans tous ces malades bricoleurs, qu'ils soient préparateurs japonais, Kustomisers américains, artisans italiens ou mécanos français (
Jean-François Robert par exemple). Ici, le marketing tient en un seul mot : passion. Passion du constructeur, passion du client et passion du motard. Cela demande certes des moyens financiers que tous n'ont pas mais la conservation de ce patrimoine de savoirs-faire et d'audaces techniques est à ce prix.

C'est d'ailleurs ce que reflête ce petit film, produit par CR&S lors d'une virée des créateurs de la moto en compagnie de quelques amis vers l'île de Man, à l'occasion du centième anniversaire du Tourist Trophy, la course de moto la plus légendaire - et dangereuse - de tous les temps. On y voit une quinzaine de bonhommes, bons bourgeois italiens un peu grassouillets, se retrouver sur le circuit (?) le plus connu du monde et y redevenir les adolescents branleurs et bidouilleurs de mobylettes qu'ils étaient certainement dans leurs jeunes années. Derrière ces moustaches, ces cheveux gris, ces rides au coeint des yeux, on voit toujours briller l'éclat de leur enfance, les images de leurs héros casqués, leurs rêves de gloire. Si la moto ne devait servir qu'à cela, ça vaudrait quand même le coup de l'inventer, non ?

Bonne route...




Merci à Motoblog.it pour le lien vers ce film

Voir les commentaires

Rédigé par VonSontag

Publié dans #Bielles chaudes

Repost 0

Publié le 21 Mai 2008

Ce qu'il y a de merveilleux avec les fils RSS, c'est qu'ils  vous réservent ent parfois quelques merveilleux moments de détente :



Merci le Monsieur chauve, merci Jean-Claude.

Voir les commentaires

Rédigé par VonSontag

Publié dans #Le vaste monde

Repost 0

Publié le 20 Mai 2008

Deux sortes de lecteurs : ceux qui attendent d'un livre reconnaissance de ce qu'ils sont et confirmation ou vérification de leur propre expérience (l'amour est un tourment délicieux et la bière un breuvage qui désaltère) et ceux qui aspirent au contraire à être étonnés parce que, soupirs et soupières, ils ont cela chez eux, et que leur esprit est avide d'autres aventures.

-
E. C.

Voir les commentaires

Rédigé par VonSontag

Publié dans #Petits Lus

Repost 0

Publié le 20 Mai 2008

Rédigé par VonSontag

Publié dans #Whatever

Repost 0