Publié le 27 Juin 2008


Je suis un peu débordé cette semaine, donc pas de post philosophico-mécanique sur les vertus existentielles du double à cames en têtes. Toutefois...

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Rédigé par VonSontag

Publié dans #Le vaste monde

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Publié le 23 Juin 2008



Voici une image que vous devriez voir souvent dans les jours qui viennent. C'et étrange visage est celui du merveilleux Albert Cossery. Egyptien, il vivait à Paris depuis plus d'un demi siècle, habitant une sobre et calme chambre d'hôtel, écrivant. Car il était écrivain. De lui je n'aurai lu que Mendiants et orgueuilleux, court roman qui renfermait ce que la littérature peut faire de mieux : un monde disparu où la langue était puissance et les images des armes, où la raison et la parole se construisaient l'une l'autre, où la cruauté enfermée en tous pouvait se dissoudre dans un rire. Chacune de ses phrases était une pâtisserie orientale parfumée d'acide. Peut-être a-t-il inventé sans le savoir le post-exotisme bien avant Volodine. Peut-être pas, on s'en fout. Mendiants et orgueilleux était un beau livre publié avec courage et intelligence par Joëlle Losfeld. Comme c'est souvent la cas lorsque je me trouve confronté à trop de talent, je n'ai plus jamais lu de Cossery. Seul demeure donc en moi le souvenir enchanté et désabusé de ce chef d'oeuvre de dandy en sandales.

Albert Cossery est mort ce week-end, à 95 ans, sa chambre d'hôtel est désormais vide.

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Rédigé par VonSontag

Publié dans #Petits Lus

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Publié le 19 Juin 2008

Un bref post ce matin pour vous présenter une petite trouvaille. En farfouillant à droite à gauche, en cliquant sur des liens improbables, j'ai fini par me constituer une petite gallerie sympa d'illustrateurs et de graphistes old school. La découverte de ce matin s'appelle John Bell, il bosse pour différents magazines de Hot Rod amerlocains et fait un peu de design. Il vend un peu en ligne de fort jolies peintures (acrylique) sur contreplaqué - on est cheap thrills ou on ne l'est pas - et des tirages papier. Pour ma part, j'attends les t-shirts.


Pour visiter le site, cliquez sur l'image



Note : il faut absolument que je pense à vous faire une galerie des logos et bannières des sites de cette galaxie Kustom Kulture. Plus tard, peut-être...

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Rédigé par VonSontag

Publié dans #Bielles chaudes

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Publié le 18 Juin 2008

Ami punkachien qui hantes nos parcs et jardins publics nanti d'un arsenal de massues, baballes, diabolos et autres  bâtons chinois dans le seul but de menacer mes gosses d'une fracture du crâne, je te conseille de regarder cette vidéo. Ensuite, tu pourras aller jeter ton matériel à la poubelle, t'enfermer chez toi, t'asseoir dans ta chambre sous ton poster de Manu Chao et pleurer.


Awesome Balance

Et si tu ressors ton didjeridoo, je te le colle dans le fion.


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Rédigé par VonSontag

Publié dans #Whatever

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Publié le 16 Juin 2008

Dans le Kustom, il y a des intégristes, beaucoup, qui ne supportent pas la moindre entorse à un dogme non écrit et donc réinterprétable à merci, dogme qui veut que certains bricolages soient interdits. Il est par exemple formellement proscrit d'installer une selle à ressorts sur un moto équipée d'amortisseurs arrières. Il est également convenu que le moteur du sportster Harley est moins noble que les big blocs 1340 - et plus, - et surtout moins beau. Il va de soi qu'un transformation réussie doit nécessiter le démontage complet de l'engin ainsi qu'un nombre considérable de pièces neuves. Un bobber, c'est un cadre rigide et rien d'autre. On ne bricole pas dans ce milieu, on construit.

Et bien voici ce que j'ai récemment découvert sur eBay : un petit Sportster 883 de 1985, roue avant de 16'' avec gros pneu, frein AV. Performance Machine, Kit carbu monté à la mord-moi-le-noeud; amortos courts, selle à ressorts maison, bac à huile soudé par un goret, petit phare bratstyle, tés de fourche moches, soufflets, garde-boue arrière façon flat fender. Résultat : ce truc est une véritable tuerie et doit être un des engins les plus sympas au monde à conduire. Je le classe dans mon scrap book pour la moto que je vais me faire quand j'aurai des sous et un poste à souder qui marche bien.

Je vous laisser méditer sur l'engin, moi je pars rêver de la route de la Corniche, en Biarritz et Socoa, au petit matin au mois de juin...



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Rédigé par VonSontag

Publié dans #Bielles chaudes

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Publié le 12 Juin 2008



Quand j'avais quinze ans, j'étais skater. C'était pas mon sport, c'était toute ma vie. Je séchais les cours et je partais sur mon vélo, un Peugeot trois vitesses tout pourri, à Judaïque, rider la rampe. J'avais un sac US sous le rabat duquel je coinçais ma planche, une Tony Alva large de dix pouces. Mes Trucks s'appelaient Independent, mes roues Kryptonite. Dans le sac, j'avis un casque que je ne mettais jamais et un t-shirt Gordon & Smith, pour être le plus beau.

J'étais l'éternel poireau. Je ne suis jamais parvenu à sortir trois roues, encore moins à péter un aerial. Sortir quatre roues, ça s'appelait un Tail Block. Le Hollyair (l'aerial sans les mains) était à peine pratiqué par quelques dieux californiens, des skatepunks fous sous speed qui sortaient des figures hallucinantes. Pourtant, j'avais la même planche qu'eux, les mêmes trucks, les mêmes roues. Mais pas la folie. Dommage.

Trente ans ont passé. Bordeaux s'enorgueillit aujourd'hui d'une piste de skate sur ses quais alors que nous devions pleurer pour avoir le droit de rider sur une planche de contreplaqué inclinée. Le skate est devenu un business, mais les écorchures que je vois sur leurs genoux sont les mêmes que les miennes.

L'été, on allait à Biscarosse. Port Maguide et son skatepark en goudron étaient à quelques kilomètres à peine. J'empruntais le vélo de mon oncle, un peugeot à trois vitesses - aussi -  que mon frère s'est plus tard fait faucher à Hyères, et je partais, vaillant, à l'assaut des côtes infernales qui menaient au lac, à Maguide et au skatepark. Là, j'essayais de parvenir enfin au sommet du vertical de la rampe. En vain. Plus tard, le park est devenu parking. Puis plus rien. J'y suis passé l'an dernier, je n'ai rien retrouvé.

Demeurent mes rêves de gloire d'alors. L'aerial géant que je plantais devant la foule en délire. La nonchalence étudiée, la fièvre, Steve Olson, Tony Alva, Stacy Peralta et un putain de mexicain à moustaches dont j'ai oublié le nom mais qui savait y faire pour le skate et la folie.

J'avais de beaux dieux alors.



Images : en haut, Steve Olson ; en bas, Tony "mad dog" Alva.

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Rédigé par VonSontag

Publié dans #Whatever

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Publié le 11 Juin 2008

D'une manière générale, je ne suis pas spécialement fan de nerd art. mais, ce mec, Stanley Lau, que j'ai découvert via deviantart, me cloue un peu. Surtout sa manière à l'encre - je ne sais pas si c'est du numérique ou du réel [edit : c'est du numérique !].



J'avoue que j'ai aussi un petit faible pour cette demoiselle, qui me rappelle joliement la
Yoko Tsuno de mon enfance...



Pour en voir davantage :
la galerie Deviantart de Stanley Lau

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Rédigé par VonSontag

Publié dans #Whatever

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Publié le 10 Juin 2008

Rédigé par VonSontag

Publié dans #Bits and sense

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Publié le 10 Juin 2008

Chris Marker : Le fond de l'air est fraisCe matin, de nombreux blogs ainsi que Libé publient un texte de Chris Marker concernant la plainte déposée par le MRAP contre le groupe Justice et son film Stress produit par le collectif Kourtrajmé. En effet, le MRAP a estimé "que le seul moyen pour les auteurs du clip de démontrer leur bonne foi était de mettre immédiatement un terme à l’absence de discernement qui a présidé à cette diffusion en ligne, en arrêtant immédiatement toute diffusion commerciale de ce clip. Le MRAP a mis, le 25 mai 2008, en demeure la maison de disques « Because Music » afin d’agir vigoureusement auprès des hébergeurs pour obtenir le retrait immédiat des vidéos en ligne et de renoncer par avance à toutes les retombées commerciales, attendues ou non, de cette désastreuse opération.

Le MRAP a également constaté que le site internet Kourtrajme.com a repris le clip « Stress » et que dans une de ses pages du site, le numéro de téléphone du standard affiché n’est autre que celui du Front national (Standard Kourtrajmé 01.41.12.10.00)" [voir le communiqué ICI]

Il ne me choque pas outre-mesure que le MRAP dont on connaît le sens de l'humour et de la distance critique trouve quelque chose à redire à ce clip et au "message" qu'il est sensé porter. Cela me choque d'autant moins que le court-métrage de Romain Gavras semblait vouloir faire débat. Débat il y a : tout va donc très bien.

Mais voici que le MRAP décide de judiciariser cette divergence de vues en la portant devant la justice. Le juge est, comme on le sait, un expert en critique de cinéma, un cador de la sémiologie et un exégète de l'image animée. Il est donc parfaitement légitime qu'on lui demande, et son avis et son aval pour diffuser ce film.

Chris Marker, dont on connaît l'intégrité artistique n'est curieusement pas de cet avis et le fait savoir dans ce billet :

"La fable chinoise de l’imbécile, du doigt et de la lune a tellement servi qu’on éprouve une certaine crispation à la trouver au bout de sa plume. Pourtant j’ai beau tourner la chose dans tous les sens, je n’en vois pas qui s’applique aussi littéralement au communiqué du MRAP, portant plainte contre le clip du groupe Justice dont « l’intention raciste est avérée ». Le mot inadmissible ici est « avérée ».

Tout le monde a le droit d’exprimer une opinion ou un blâme, mais il faut une sacrée dose d’outrecuidance pour décider, non de la portée éventuellement négative d’une œuvre, mais de l’intention intime de son auteur. Car il y a, figurez-vous, un auteur, Romain Gavras, et autour de lui un groupe, Kourtrajmé, dont les productions jusqu’à ce jour avaient comme caractéristique de déplaire tout particulièrement aux racistes. Ce pourrait être déjà un sujet, au moins, d’interrogation.

Mais d’abord, marre de ce terme de « clip » pour désigner n’importe quel très court métrage. Tant de longs métrages aujourd’hui ressemblent à des clips étirés qu’il est permis de saluer un clip qui ressemble à un film. Je risque un autre mot, en m’amusant d’avance de l’incrédulité qu’il va susciter chez certains : un poème. Un poème noir, violent, sans concession, sans alibi, magnifiquement « écrit » (encore faudrait-il qu’on s’intéresse à l’écriture cinématographique, vaste débat) et dans la ligne d’un certain nombre de ces poèmes qui dans toutes les langues, à un moment donné, ont dérangé et troublé, et dont certains en effet ont fini devant les tribunaux.

Montrer ce que personne ne veut voir, c’était en d’autres temps une fonction de la poésie. Cet objet non identifié qui tombe dans un paysage audiovisuel où par ailleurs la violence est partout présente, mais avec assez de roublardise et de complaisance pour être acceptée sans états d’âme, j’aurais tendance à le comparer au parallélépipède que Kubrick dresse, dans « 2001 », près d’un troupeau de singes endormis. Incongru, incompréhensible au point que c’est à force de n’y rien comprendre que s’éveillera l’idée qu’il y a quelque chose à comprendre. Les singes ont évolué. Les censeurs, ça reste à voir."


Tout ce que je trouve à dire là-dessus, c'est que ça m'a vraiment fait du bien de lire ça ce matin. Vraiment...


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Rédigé par VonSontag

Publié dans #Bits and sense

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Publié le 6 Juin 2008


Shorpy Higginbotham, an oiler on the tipple at Bessie Mine near Dora in Jefferson County, Alabama.
December 1910. Photograph by Lewis Wickes Hine. Entire


Henry Sharpe Higginbotham est  né le 23 novembre 1896 à Jefferson County, Alabama, de Phelix Milton Higginbotham et son épouse Mary Jane, née Graham. Il aura six frères et trois soeurs.
Il entre à la mine de Bessie comme l'avait fait son père auparavant. En 1910, le photographe Lewis Hine le saisit au travail. Il demeure de lui quatre clichés : deux portraits individuels et deux photo de groupe qui le représentent au milieu de ses amis. Il a quatorze ans.

Shorpy, car c'est ainsi que selon les témoignages, tout le monde appelait Henry Sharpe Higginbotham, est mobilisé en 1917 et combat en Europe durant la première guerre mondiale. Il se marie en novembre 1927 avec Flora Belle Quinton.

Shopry meurt en 1931, dans ce qui semble être un accident de wagonnets de mine. Il laisse une femme enceinte.

Ne sont demeurés aujourd'hui de lui que ces quatre clichés de Lewis Hine. Il a eu le destin normal d'un enfant pauvre, né pauvre, mort pauvre d'une mort de pauvre. Il a eu la chance de survivre à la Grande Guerre mais pas celle de connaître son enfant, un fils qui mourra en 1993.

Ce qui fait la renommée contemporaine de Shorpy, c'est qu'un site web porte aujourd'hui son nom en hommage aux  millions d'anonymes qui hantent les archives photographiques des bibliothèques du monde entier. Un beau jour, un certain Dave, dont je ne sais rien, entreprit de donner vie à ces archives, numérisées ou pas et de les publier en ligne.  Quand vint le moment de donner un nom à son blog, il choisit Shorpy, en hommage à ce très jeune anonyme aux yeux de pierre.
Shorpy.com était né.

Shorpy.com semble gagner sa subsistance de la vente de tirages papiers des images numériques qu'il présente. Il permet à ses membres d'uploader et de partager leurs propres archives familiales tant qu'elle ne dérogent pas à la charte de publication du blog.

L'ampleur du travail est immense mais, peu à peu, Shorpy.com grandit et propose chaque jour une photothèque plus riche et plus variée. On y trouve le travail de célébrissimes photographes tels Dorothea Lange ou Walker Evans (du temps où ils travaillaient pour l'administration américaine) et également ces archives anonymes issues des arrières boutiques de photographes locaux ou des cartons de greniers.

Je crois qu'il s'agit là de l'un des plus beaux projets que j'ai jamais vu en ligne.,avec PostSecret, peut-être. Pour l'anecdote, j'ai un jour entendu l'écrivain Jean-Pierre Milovanoff dire qu'il aimait contempler les dates sur les pierres tombales des cimetières de campagne. Entre l'année de naissance et l'année de décès, figure en général un tiret. Milovanoff confiait alors que son travail d'écrivain était d'imaginer ce que résumait ce tiret : la vie, les drames et les joies de ceux que nous croisons chaque jour dans la rue. Dave, à sa manière, s'est attelé à la même tâche : une photo de group de l'émarique du siècle passé. Peut-être finira-t-il comme le cartographe de Borges, par dessiner son propre visage.

Chaque fois que je désespère des hommes et de ce qu'ils font d'Internet, je rend visite à
Shorpy. Ca me calme.


PS. Je reconnais l'emprunt de la phrase de titre à Miguel Torga (L'universel, c'est le local moins les murs). je reconnais aussi la faiblesse de mon pastiche.

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Rédigé par VonSontag

Publié dans #Bits and sense

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