Publié le 30 Novembre 2007

Rédigé par Emile Secret

Publié dans #Petits Lus

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Publié le 30 Novembre 2007

Il semblerait que la maison Gougoule soit gérée par d'astucieux jésuites ou tout au moins par certains de leurs meilleurs élèves. En témoigne l'interprétation que fait YouTube du slogan/leitmotiv/profession de foi de son proprio : Don't do evil, un chef d'oeuvre de l'art casuistique.

waelabbas.jpgLe Monde signalait hier soir que le compte YouTube (qui, on le sait, est la propriété de Google) de Wael Abbas (ici en photo), un jeune journaliste égyptien, avait été fermé pour des raisons sur lesquelles  la direction de l'hébergeur de vidéos de Tektonik se refuse - à l'heure où j'écris - à communiquer.

Il est vrai que l'une au moins de ces vidéos pouvait choquer l'innocent spectateur : on y voyait en effet un monsieur moustachu se faire sodomiser avec un grand bâton et pousser des cris exprimant une certaine désapprobation. Contenu pornographique me direz-vous ? Et bien non, car les organes génitaux du héros de ce bref film étaient dissimulés à la vue des plus prudes d'entre nous par des  masques ajoutés au montage. Mais qu'y avait-il donc dans ce film qui ait pu choquer à ce point Mr YouTube ?

J'ai donc visionné cette vidéo et je l'ai trouvé effectivement choquante. Choquante parce qu'il ne s'agit pas d'une fiction. Choquante parce que le "héros" de ce film l'est bien malgré lui. Choquante parce que le gros bâton est en fait une matraque et que les "partenaires" de ce monsieur moustachu sont en fait des policiers qui, voulant donner une bonne leçon à un présomptueux qui avait eu l'outrecuidance d'intervenir lors d'une altercation entre  l'un des policiers et un sien parent. Choquante parce qu'en agissant ainsi, les policiers  pensaient également envoyer un message clair au voisinage signifiant leur toute puissance sur les pauvres âmes du quartier.

Il se trouve que Waël Abbas publie un blog qui semble être l'un des rares espaces de liberté éditoriale disponibles en Egypte. Il se trouve également que Wael Abbas a des couilles et qu'il a publié cette vidéo sur son blog. Ce qui lui a permis de faire condamner les deux policiers violeurs et lui a valu également le prix Knight du Centre international des journalistes.

Las, il semble que chez Youtube on ne lise par Google News et qu'on  ignore tout des atteintes aux libertés individuelles en Egypte. Il semble également qu'on ne fasse pas toujours dans la finnesse puisque non seulement la vidéo du viol a été supprimée, mais le compte personnel de Wael Abbas a été fermé.

Comme je suis un garçon gentil et innocent, je veux croire qu'il s'agit simplement là d'une regrettable erreur de la part de YouTube. D'une mauvaise interprétation des directives de filtrage commise par un stagiaire épuisé au terme d'une longue nuit d'astreinte. Je ne saurai croire qu'un quelconque message comminatoire d'une quelconque autorité égyptienne ait pu faire courber l'échine du géant californien et l'amener à fermer ce compte. Enfin, nous parlons de Google, temple de la liberté d'expression ; de YouTube, premier diffuseur de contenus vidéo au monde (et de Tektonik), pas de l'agence Tass. Et puis vous connaissez leur slogan : Don't do Evil.

Mais
on peut mentir par omission, et mentir, c'est MAL...

Sinon, Wael Abbas qui n'est pas non plus une buse a fait en sorte que les vidéos soient quand même accessibles sur son blog...

Re-sinon, il semble que , les grands esprits étant décidés à toujours se rencontrer, Yahoo ait également fermé le compte de Mr Abbas...

Quelle merveilleuse époque !

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Rédigé par Emile Secret

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Publié le 29 Novembre 2007

Un peu fainéant, je republie ici un commentaire que j'ai laissé sur le carnet en ligne de Lekti-ecriture à propos de la lettre que Mr. Xavier Garambois, Directeur général d'Amazon.fr a envoyé le week-end dernier à ses clients. Les réactions à ce courriel furent nombreuses. Mr Garambois, que fort peu de gens connaissaient alors, semble  être devenu l'ange maudit de la librairie française, le bras armé de l'hydre numérique  mondialiste et normative. Cela mérite réflexion...

 
 

Etant un acheteur régulier de livres sur Amazon - surtout dans leur catalogue anglo-saxon - où je trouve peu ou prou tout ce que je cherche, je comprends la position de Xavier Garambois, il est vrai quelque peu démagogique et manquant considérablement de finesse. Sa lettre, que j'ai bien évidement reçue, m'amène à formuler quelques réflexions.

Les libraires traditionnels sont aujourd'hui en train de négocier un tournant crucial dans leur histoire. Face à des librairies en ligne qui n'envisagent le livre qu'en tant qu'élément d'un flux à gérer, mettant à cette fin en place d'imposant systèmes de gestion informatique des approvisionnements (amazon.fr possèderait dans ses stocks moins de 20% des titres qu'ils proposent à leur catalogue, il en irait de même pour la FNAC), ces libraires sont donc pénalisés par des stocks lourds, tant sur le plan physique qu'économique. Les libraires en ligne sont parvenus en quelques années à créer un système qui leur offre une grande souplesse de gestion. Malheureusement, une curieuse loi physique à l'œuvre dans la grande distribution semble vouloir que toute flexibilité gagnée d'un côté se traduise par une augmentation des contraintes dans un autre secteur. Et ce sont les éditeurs qui en font les frais. Vous relevez justement dans votre billet les contraintes financières qu'impose Amazon aux petits éditeurs. En ce cas, il serait peut-être souhaitable que fut créée une structure de diffusion à l'image de ce que Calibre propose dans le domaine de la distribution. C'est peut-être un peu naïf de ma part, mais il me semble que si 20 petits éditeurs, représentant individuellement 0.1% du CA livres d'Amazon se regroupaient pour négocier leur remise avec les grands distributeurs en ligne, ils auraient un poids (2%) tout autre lors des négociations.

D'autre part, la position des libraires classiques et des petits éditeurs ne me semble pasLaNerthe.jpg forcément pertinente. Le SLF et une certaine frange des membres du SNE (ceux qui ont le plus à perdre dans l'opération) s'accroche à une loi cadre qui date de vingt-cinq ans et dons les récents aménagements n'ont pas pris en compte la "révolution" numérique. je ne suis pas certain que ce soit en empêchant les autres d'avancer que l'on progresse soi-même. J'ai même l'impression que tout ce petit monde va un jour ou l'autre se retrouver seul sur la route, contemplant au loin le nuage de poussière des grands mastodontes du marché, s'éloignant inexorablement.

La deuxième réflexion me vient des propos d'un quelconque responsable de la FNAC en ligne qui avouait à Livres Hebdo souhaiter que la condamnation d'Alapage créât une jurisprudence, permettant ainsi à son enseigne de se retirer du jeu fort couteux des frais de port gratuits. Les coûts de transport étant à nouveaux endossés par le client, la FNAC verrait alors ses marges augmenter et cela pourrait alléger la pression sur les éditeurs. Sauf que ce monsieur ne mentionnait pas deux éléments déterminants dans son hypothèse : les actionnaires de la FNAC se foutent bien des petits éditeurs, ils veulent de la marge. Ces points de bénéfice ainsi gagnés ne soulageraient pas la pression sur les éditeurs, ils augmenteraient simplement le résultat net de l'entreprise et la rendraient plus rentable. Second point, pour jouer à un jeu, il faut que tout le monde respecte les mêmes règles. Hors, comme je l'ai mentionné plus haut, les grands marchands en ligne peuvent, s'ils le désirent et à moindre frais, s'affranchir de ces règles. Si amazon.fr se voit contraint à respecter ce qui pourrait s'appeler la jurisprudence Alapage, qu'est-ce qui l'empêcherait de déplacer son activité vers la Grande Bretagne ou le Bénélux. Amazon.co.uk ou Amazon.be serviraient alors de plateforme de distribution vers la Métropole, sous droit belge ou anglais et se verraient dispensés d'observer les règles françaises. Les sommes en jeu sont telles pour ces grands libraires que les coûts engendrés par une refonte de leur système logistique en deviennent acceptables. Souvenez vous que seulement 20% de leur offre se trouve stockées dans leurs entrepôts...

Comme je le disais plus haut, nous entrons dans une zone de grandes turbulences ou toute la chaîne du livre, de l'auteur au lecteur, va devoir repenser son rôle dans un système de diffusion des savoirs de plus en plus ouvert. Les Grenelles de ceci ou de cela sont en ce moment à la mode, il me semble urgent de réserver une place à un prochain Grenelle du livre qui permettrait un vrai débat et une mise à plat des rapports éditeurs/diffuseurs/libraires/libraires en ligne. Je crains que si nous avérons incapables d'entamer cette réflexion, si pénible puisse-t-elle se révéler, d'autres le feront à notre place, et en notre défaveur.

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Rédigé par Emile Secret

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Publié le 28 Novembre 2007

Encore un petit bout de ma jeunesse qui s'envole...

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Rédigé par Emile Secret

Publié dans #Le vaste monde

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Publié le 28 Novembre 2007

lonelygirl-copie-1.jpgDepuis longtemps, je me méfie des révolutions annoncées.
Il se trouve une quantité phénoménale d'autoproclamés experts en nouvelles technologies qui clament à longueur de temps l'avènement d'une société 2.0, interactive, partageuse et généreuse. Une société contributive et ouverte qui ne jauge ses membres qu'à l'aune de la qualité de leurs apports, sans distinction de sexe, de race, d'origine sociale ou de titres académiques. Avec une perspicacité digne de piliers du café du commerce, le jargon techno en plus, ils décortiquent le moindre lancement de nouveauté, la moindre annonce, appelant de leurs voeux un toujours plus vite, toujours plus haut, espérant toujours, toujours déçus.

Et j'attends.

Je m'intéresse, par force, à ces changements puisqu'on me dit et me répète qu'ils sont les germes du monde futur. Je vais sur les plateformes 2.0, je me connecte, m'inscris, regarde, lis, visionne, commente. En un mot, je participe au participatif.

Youtube.
L'idée de génie. Une coquille vide qu'on emplit de rebuts vidéos inutiles pour exposer - la plupart du temps- sa propre intimité, ses ridicules, sa prétention à faire du sens avec du de rien. Outre les lancinantes et maladroites démonstrations de Tektonik, les imitations de Britney Spears, les Hip-hop battles filmées au portable, les vidéoclips déjà visibles sur les chaînes satellites et les resucées de Vidéo-gag, on y trouve quelques travaux de neostars, quelques documents intéressants pour les maniaques dans mon genre (Ducatis anciennes, danseurs de claquettes, joueurs de ukulélé, ...oui, je sais, j'ai des goûts bizarres !) et de la pub, de la pub et encore de la pub. Une pub si convaincante qu'il ne me souvient pas avoir cliqué UNE SEULE FOIS sur un bandeau ou un lien publicitaire. En outre, il se dit que cette colossale fréquentation a un prix. Et oui, mes amis, la bande passante, ça coûte du pognon ! Youtube dépenserait donc chaque année plus d'argent en hébergement que ne lui rapporte son modèle économique basé sur la publicité. Sans parler des coûteux frais de maintenance et de surveillance des contenus destinés à lui éviter d'autres frais, judiciaires ceux-là.

MySpace et FaceBook
J'avoue, j'avais quelque espoir en me connectant sur ces deux plateformes de social networking comme on dit au café du commerce d'en face le bureau.

Principe : vous vous enregistrez, vous décrivez (en marketing on dit qualifier), vous vous auto-taguez et vous cherchez des amis en fonction d'affinités électives ou professionnelles. Ca c'est le niveau explicite. Passons maintenant à l'implicite.

Du côté de la plateforme, le but est clair est simple et c'est en gros le modèle dominant en cours depuis la création du web monétisable : vendre un public ciblé à des annonceurs publicitaires. Qualifier des bases coûte cher ? Pas de problème, lancez un réseau social  et c'est l'internaute lui-même qui va se charger du boulot. Il vient lui même s'inscrire, indique son âge, sa profession, sa CSP, ses goûts, ses hobbies, ses dégoûts et ses rêves (en général, devenir une popstar intergalactique avec trois fichiers MP3 enregistrés dans ses chiottes ou Picasso avec deux T-shirts en vente sur La Fraise). Et ce n'est pas tout, non seulement il se qualifie et se segmente lui-même, mais de plus, grâce à son réseau, il opère également par qualification croisée et permet au marchand d'espace de resegmenter son panel : le Nirvana du publicitaire je vous dis !

MyTybe-YourSpace.jpgPassons maintenant à l'utilisateur. J'ai mis longtemps à comprendre le coeur du noeud du noyau du truc. Jusqu'à ce que je rachète en DVD un film des années 80 qui m'avait alors enchanté, Breakfast Club. Une sorte de teen-movie dépressif qui mettait en scène une poignée d'ados consignés un samedi de printemps pour divers motifs tels qu'indiscipline, mauvais résultats scolaires, conduite suicidaire, addiction à l'informatique, encartement à l'UMP. Mais le vrai problème de ces jeunes gens est ailleurs. Le vrai problème, celui qui les hante, c'est leur singularité. Et par conséquence, leur impopularité au sein du groupe. Et là, s'est fait jour un ensemble de valeurs, une qualité ontologique essentielle dans la définition de l'Homo Amercanis tel que nous l'avalons sans même le mâcher : le premier devoir d'un adolescent, c'est d'être populaire. Le premier devoir d'un myspacien ou d'un facebooker, c'est d'avoir un maximum d'amis et de tout mettre en oeuvre dans ce but. Peu importe que ces gens vous connaissent, apprécient un rien de que vous faites ou vous rencontrent jamais dans la vraie vie, le but, c'est qu'ils cliquent sur accepter en recevant votre demande. A chaque fois que je lis ça, je pense au lapin du conte qui va voir tous les animaux de la forêt et leur demande "Veux-tu être mon ami ?" ( En ce qui me concerne, je ne parle pas aux lapins). On sait depuis longtemps que les légendes MySpaciennes de groupes découverts et signés par des majors à la simple écoute de trois fichiers en ligne ne sont que des légendes (les groupes sont en général déjà signés et le plan de com comprend une page MySpace). On découvre aussi l'infinie vacuité du peuple qui hante ce monde idéal, une éternelle jeunesse légère et stupide, à l'hédonisme mononeuronal et aux élans aussi durables qu'une connexion Wifi. La plupart des millions d'utilisateur de ces plateformes sont là pour rien. Ils sont là pour être là. Ils sont là parce que. Les quelques minutes par jour qu'ils passent à consulter et reconsulter leur profil, à requérir des "Addings" sont des minutes prises à l'interminable ennui de leur jeunesse, à l'infinie vacuité de leurs soirées pétards, à l'angoisse de leurs nuits. Facebook n'est qu'une version élitiste du même produit où le schéma se complique un peu. Il n'est pas seulement important d'avoir des amis, il faut également multiplier les groupes, les recommandations, les interventions. Sans doute faut-il concevoir Facebook comme une version préprofessionnelle du réseau social ou on passe du vide sidéral des journées adolescentes à celui d'un Power-Point sur la gestion des flux d'information dans une PME du secteur agro-alimentaire. Bienvenue dans ta vie d'adulte, petit.

Pour en finir avec l'utilisateur, on en lit clairement la niaiserie dans la pétition lancée contre la pub sur Facebook ces dernières semaines. Si j'ai bien compris, le web 2.0 c'est : tu bosses et j'en profite ?

En conclusion, je vois bien le réseau, mais j'ai du mal à trouver le social.


Demain : iPhone et eBook sont dans un bateau...


PS. Y'a quand même des trucs bien sur MySpace : SoCalled

 


...Sur YouTube aussi :



PPS. L'image illustrant l'article a été odieusement copiée sur le blog d'Aquitaine Europe Communication (même pas honte).

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Rédigé par Emile Secret

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Publié le 23 Novembre 2007

marchesacree.jpgConsultant les  pâles statistiques de ce carnet en ligne, j'apprends avec surprise que quelqu'un - je ne sais pourquoi, une simple intuition, un pressentiment, mais je suis presque certain qu'il est humain - est parvenu à ces pages depuis Google images en tapant "Sodomisé par un diplodocus"*.

Ami préhistozoophile, si tu me lis ECRIS-MOI. Dis moi tout de toi, confies-toi à moi. Je suis là, je peux t'entendre, je saurais te comprendre et je te le dis : tu n'es pas seul. Viens...


(*)Note de la note : ce billet est illustré de la première image servie par cette recherche.

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Rédigé par Emile Secret

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Publié le 23 Novembre 2007

J'ai cherché dans le catalogue en ligne de la BNF, qui est bien mieux qu'Amazon mais moins bien rangé et je n'ai pas trouvé la moindre mention d'un thriller intitulé Le Cruciverbiste. C'est quand même curieux. Non ?

Il ne reste donc plus qu'à l'écrire pour combler cette pitoyable - et je pèse mes mots - lacune.

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Rédigé par Emile Secret

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Publié le 22 Novembre 2007

serrure.jpg"Je n’ai pas suivi l’enquête mais je vois tout de suite deux explications plausibles au mystère de la chambre jaune : l’humidité ou le tabac."


- E. C.  (dans son billet du dimanche 18 novembre)

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Rédigé par Emile Secret

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Publié le 21 Novembre 2007

CMacCarthy.jpgCe matin, aux petites heures, j'ai  fini de lire The Road, de Cormac Mac Carthy dont la traduction française doit paraître en janvier, aux éditions de l'Olivier. Promis, dès que j'ai réussi à mettre la main sur un service de presse pour vérifier que j'ai tout compris  - ce mec emploie des mots qui donnent 0 résulats dans Google ! - je vous fais un billet.

Nota. Vous feriez bien de  mettre vingt-et-un euros de côté d'ici janvier, histoire de ne pas perdre votre hiver à lire n'importe quoi...

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Rédigé par Emile Secret

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Publié le 21 Novembre 2007

Vous avez déjà rencontré quelqu'un d'aussi emmerdant qu'un retraité amateur de généalogie  ?

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Rédigé par Emile Secret

Publié dans #Le vaste monde

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